C’est après 24 heures de bus de nuit à travers le sud du Laos que je suis arrivé épuisé en bordure du Mecong. Le soleil était harassant et c’est en portant mon sac-à-dos sur mon tête que je me déplaçait suivant la procession ininterrompue de backpackers, vers un petit bateau qui devait plus tard nous amener à Don Det.
C’était le 31 décembre dernier, moins de 24h avant la nouvelle décennie. Je n’avais ni lieu pour dormir, ni nourriture dans le ventre et c’est ainsi que nous décidâmes d’ingérer quelque chose avant de continuer la marche.
À ce moment là j’étais avec un ami japonais qui m’accompagnait depuis Luang Prabang, un certain Sam, digital nomad perdu comme moi au hasard des voyages et des rencontres.
Après avoir mangé un indien au gout douteux, nous partîmes à travers l’île jusqu’au « Pont Français » qui devait nous amener à Don Khon, une île voisine sur laquelle se trouvait plusieurs Guest House. C’est sur ce chemin que l’on fut interpellé par un spectacle peu commun ; un local venait de couper la tête d’un Python de 3 mètres qu’il venait d’attraper sur l’île ! Il nous invita le soir même à en manger un bout, ainsi qu’un morceau d’un cochon qu’il venait de tuer pour fêter la nouvelle année.
C’est sur cette île hors du temps, des lois et de la plupart des contraintes de la civilisation que nous profitâmes de nos dernières heures de 2019 dans une « jungle party » sur une plage autour d’un feu, accompagné de voyageurs du monde entier.
C’est aussi sur cette île que commença pour moi la nouvelle année. « Ici il n’y a pas d’emploi, aucun patron, auncun magistrat; la loi, la police n’existe pas; sur mon île on ne travaille pas » disait un célèbre groupe de reggae et peut-être qu’il parlait de Don Det.
C’est un paradis du communisme où la moitié de l’île est sous l’influence, tendi que l’autre partie s’affaire à faire mollement fonctionner l’île. Ici les gens s’entraident pour tout, que ce soit pour le bétail qui court partout librement, ou pour la construction des cabanes qui sont toutes les mêmes cabanes sur pilotis.
Jamais je n’ai senti une quelconque tension, juste une nonchalance encouragée par une nature des plus clémente.
J’y ai passé près d’une semaine et je ne regrette pas.





